Droit à l’avortement

Ce soir, on va (enfin, surtout moi) parler d’un sujet sur lequel j’ai eu l’occasion de revenir un nombre incalculable de fois dans ma vie, mais encore plus ces dernières semaines : l’avortement. J’ai toujours été pro-choix, et ça vient sûrement du fait que ma maman l’est aussi et que c’est quelque chose qu’elle trouvait important que l’on aie comme valeur. Mais malheureusement, ce n’est pas le cas de tout le monde, donc en grandissant, je me suis progressivement renseignée pour pouvoir étayer mes arguments par plus que « je fais ce que je veux nananère ». Ce désir de se renseigner vient aussi du fait que j’essaie d’adopter, le plus possible, des positions rationnelles, c’est à dire d’avoir un maximum de « connaissances » et un minimum de « croyances ». Enfin ceci n’est pas un article sur la zététique, et il y aurait beaucoup à en dire, mais si ça vous intéresse de mieux comprendre la différence je vous conseille de regarder la chaine d’Hygiène Mentale qui traite du sujet. Ces derniers mois, en transitionnant vers le véganisme, j’ai eu l’occasion tout d’abord de me reposer moi-même cette question de mon positionnement sur l’avortement, puis ensuite qu’on me la pose comme une ultime parade au fait qu’en fait, le véganisme – ou l’avortement, selon la position défendue par mes interlocuteurices – ne serait pas défendable jusqu’au bout. Tout particulièrement, c’est revenu sur le tapis parce que l’association anti-choix (non, je n’utiliserai pas le terme pro-vie, les mots ont un sens) de l’Université d’Auckland est en train de se faire virer de l’équivalent du bureau des élèves. Bref, j’ai continuellement des occasions de repasser ce positionnement à la loupe, de l’étudier, et finalement je ne change jamais d’avis sur le sujet, mais j’étoffe mes arguments un peu plus chaque fois.

! A lire avant de commencer !
Il n’y a pas que les femmes qui peuvent être enceintes. Malheureusement, c’est souvent oublié ou sciemment mis de côté par les sites que je cite: si mon texte se veut inclusif pour toutes les personnes enceintes, ce n’est pas forcément le cas (c’est même très rarement le cas, en fait) de mes sources, j’en suis désolée et je ne souhaite pas vous causer de dysphorie donc je préviens mais malheureusement je n’ai pas pu trouver de sources inclusives.
Par ailleurs, une partie de mes sources est en anglais: notamment dans la première partie, je cite des publications scientifiques, qui ne sont pas systématiquement traduites dans toutes les langues, et là aussi j’en suis désolée. Si vous voulez comprendre une source en particulier, contactez-moi et je ferai au mieux pour traduire (dans la mesure de ce que j’ai le temps de faire).

 

Pourquoi ne pas s’opposer à la légalisation de l’avortement ?

La principale critique qui est faite au fait de rendre l’avortement légal, c’est que cela signifierait légaliser un meurtre. Pour que cela est du sens, c’est donc qu’on considère que l’embryon est, aux stades où l’avortement est permis (soit 12 semaines en France), un être vivant. Qu’est-ce qui définit un être vivant ? C’est une réelle question, qui soulève des questions d’ordre moral, prenez quelques secondes pour réfléchir à ce que veut dire, pour vous, être un être vivant.

On est un être vivant si on est un amas de cellules.

Vous considérez donc que les carottes ont autant de droit à la vie que vous ? Cette définition, quoique peut-être biologiquement exacte, ne permet pas beaucoup d’avancer dans notre réflexion. En effet, si on prend cette définition, et qu’on accepte de se nourrir, on commet donc des meurtres à répétition dès qu’on mange. C’est donc qu’on justifie que son droit à la vie l’emporte sur celui des autres : « si c’est un droit de vie ou de mort, on peut tuer ». Mais dans ce cas, pourquoi est-ce qu’il serait immoral de tuer mon voisin si il est en bonne santé et que moi j’ai besoin d’une greffe du cœur ? On voit bien que ça ne peut pas fonctionner – si vous ne le voyez pas, restez très très loin de moi.

On est un être vivant si on ressent des émotions / qu’on est conscient.e d’exister / qu’on a des souvenirs.

Déjà, j’espère que vous êtes vegan, et si ce n’est pas le cas je vous conseille de vous renseigner sur cette page sur une notion clef qui vous échappe peut-être. Ensuite, bon okay disons qu’on est vivant si on est un être sensible. Et qu’on soit vegan, donc. A l’heure actuelle, la littérature scientifique est incapable de trancher sur le moment précis auquel les embryons deviennent en mesure de ressentir quoi que ce soit, mais le consensus actuel est qu’il est impossible pour un fœtus de ressentir de la douleur avant 24 semaines de grossesse (soit 28 semaines d’aménorrhée) : on est bien loin des 12 semaines prévues par la loi française ! Pour la mémoire, les premiers signes de son existence sont situés autour de 22-23 semaines de grossesse, et la mémoire à long terme ne fonctionne pas complètement jusqu’à 7 mois après la naissance ! En ce qui concerne la conscience de soi, c’est carrément placé quelque part entre 18 et 24 mois après la naissance ! Sources sur tout ça : ici ici ici ici ici ici. Si c’est dans ces cas-là que vous vous situez, vous ne pouvez donc pas vous opposer à l’avortement tel qu’il est prévu par la loi !

On est un être vivant dès qu’on possède une âme.

Ne rigolez pas, j’ai entendu cet argument plusieurs fois, la plupart du temps venant de personnes très croyantes. Cet argument est tout bonnement impossible à réfuter, parce qu’il ne se base sur aucun fait. Aucune étude scientifique n’a a ce jour démontré l’existence d’une « âme » chez les humains ou aucune autre espèce, alors encore moins son existence chez les fœtus. Est-ce que cela veut dire que « l’âme » n’existe pas ? Non. Cela veut dire qu’on n’a pas encore prouvé son existence. Mais quand on veut utiliser l’existence de quelque chose comme preuve, c’est à nous d’apporter les preuves de son existence, par à notre interlocuteurice de prouver son absence d’existence. Cet argument, donc, ne tient pas. C’est un argument fallacieux. Ce n’est pas un fait, c’est une croyance. Pourquoi ne peut-on pas baser le fait d’être contre l’avortement sur une croyance ? Parce que ça reviendrait à légaliser (ou ici, il-légaliser) quelque chose en se basant sur des opinions, et non des faits. Et si on commence comme ça, pourquoi est-ce que les racistes ne pourraient pas légaliser (de nouveau) l’esclavagisme ? Ah bah oui, il y en a qui croient sûrement que les blanc.hes sont supérieur.es aux autres. Je pourrais décliner avec les autres oppressions, et atteindre très rapidement le point Godwin, mais vous saisissez l’idée. On ne peut pas, collectivement, baser notre législation sur des opinions (enfin, si on arrêtait de le faire, ça serait cool).

Pourquoi soutenir la légalisation de l’avortement ?

Hé oui, ce n’est pas tout à fait pareil que la partie précédente. On a vu pourquoi ne pas être contre. Mais ne pas être contre, ça pourrait vouloir dire être neutre. Ici, on va voir pourquoi être pour.

Oui, parce que finalement, avec toutes nos considérations morales, au paragraphe d’avant, on a oublié un truc plutôt important : la personne enceinte. Oui, je dis personne, il n’y a pas que des femmes qui peuvent être enceintes. On l’a oublié.e, et on n’aurait pas dû. Après tout, c’est un.e des premier.ères concerné.es. On va faire une petite farandole des arguments pourris sur ce point et comment y répondre :

« Iel n’avait qu’à prendre sa contraception correctement ! »

Aucune méthode de contraception n’est fiable à 100%, MEME utilisée exactement comme prescrite. Par exemple, le préservatif externe (dit « masculin ») a une efficacité théorique de 98%. Donc si vous utilisez parfaitement bien vos préservatif externes, vous avez 2% de chances qu’ils ne fonctionnent pas. Ca ne veut pas dire 2% de chances d’être enceint.e, parce qu’il faut corréler ça au moment du cycle menstruel, et à plein d’autres facteurs. Mais non, être enceint.e ne veut pas dire qu’on n’a pas fait suffisamment attention.

« Iel n’aurait pas dû avoir de rapports s’iel n’était pas prêt.e à assumer »

Bah bien sûr, et vous allez interdire tous les rapports sexuels du coup ? Et comment vous allez faire ça ? Non mais sérieux.

« Mon corps mon choix, ça ne fonctionne pas parce que ça ne prend pas en compte le choix du fœtus de faire ce qu’iel veut de son corps ! »

On l’a vu plus haut, à ce moment-là de la grossesse, le fœtus ne ressent rien, il ne sait pas qu’il existe (je dis « il » parce que je considère qu’à ce terme de grossesse, ce n’est pas un être vivant, et que le mot « fœtus » est masculin). Dire qu’il a son mot à dire n’a aucun sens.

« La personne enceinte a toujours la possibilité d’accoucher sous X, iel n’est pas obligé.e de garder l’enfant. »

Pour celleux qui ne savent pas ce que c’est, accoucher sous X veut dire accoucher et donner son bébé pour qu’iel soit adopté.e. Je vous renvoie sur le site du gouvernement pour plus de détails. Oui, c’est vrai que c’est une possibilité, et tant mieux pour les personnes qui souhaitent faire ça. Mais imposer à toutes les personnes enceintes qui ne souhaitent pas garder l’enfant de vivre plusieurs mois de grossesse, c’est choisir d’ignorer tous les risques, psychologiques, sociaux et physiques, liés à une grossesse. Chaque année, plus de 300 000 personnes dans le monde meurent encore des suites d’un accouchement. Majoritairement dans les pays dits « du Sud », oui, mais dans les pays dits « du Nord », le taux reste environ à 12 pour 100 000. C’est peu, mais ce n’est pas zéro. Et beaucoup d’autres complications peuvent être liées à une grossesse : dépression, diabète gestationnel, éclampsie, etc. En plus des problèmes sur son corps, avoir une grossesse peut être ingérable professionnellement pour la personne enceinte : iel n’a pas forcément les moyens. Hé oui, à force de casser notre système de santé, de moins en moins de choses sont prises en charge à 100%, et même si c’était le cas pour les actes médicaux (et ça ne l’est pas), qu’en est-il des vêtements à acheter ? Si vous pensez que c’est un détail, essayez donc de rentrer dans un de vos jeans en vous rajoutant trente centimètres de tour de taille. Des problèmes liés au travail se posent aussi : est-il possible d’avoir des congés ? Seront-ils pris en charge ? Par exemple, si la personne est un.e étudiant.e ou stagiaire, iel n’a le droit a AUCUNE prise en charge. Comment poursuivre ses études ? Comment financer les mois d’arrêt médicalement requis ? Bref, je peux continuer des heures, mais vous comprenez bien que ça ne peut pas marcher de dire que la personne enceinte « n’a qu’à » tenir 9 mois.

Et puis, dire 9 mois, c’est absurde : la personne enceinte ne va pas retrouver sa condition physique d’avant sa grossesse à la seconde où iel accouche. D’ailleurs, en France, on a par exemple dix séances de rééducation périnéale prescrites à la personne concernée après l’accouchement et prises en charge à 100% par la sécurité sociale. Une consultation post-natale est aussi obligatoire. Il est possible, par exemple, qu’on y retire les points de suture réalisés en cas d’épisiotomie – et j’en profite pour rappeler que la France est bien au-dessus des taux proscrits par l’OMS, même s’il y a un net progrès ces dernières années. Je ne développerai pas sur le point du mari, ce n’est pas un article sur les violences médicales à l’encontre des personnes enceintes, mais je pose ça là.

Par ailleurs, les conséquences à long terme existent elles-aussi – dépression, complication de la vie professionnelle, etc. Je voudrai soulever une autre comparaison qui me semble pertinente : si il n’y « a qu’à » tenir quelques mois pour permettre à un fœtus de vivre, si c’est un argument que vous défendez, pourquoi avez-vous encore deux reins et deux poumons ? Je m’explique. Il y a, dans le monde, des personnes qui ont besoin de greffes de ces organes. Or, il est tout à fait possible de vivre avec un seul, moyennant quelques concessions (comme ne plus faire de saut à l’élastique) et quelques mois de préparation et de remise. Alors, qu’est-ce que vous attendez ? Personne ne peut vous contraindre à donner vos organes, comme personne ne peut (ou ne pourrait, dans un monde logique) contraindre une personne enceinte à garder le fœtus.

« Et la personne qui a fécondé l’ovule, iel n’a pas son mot à dire ? »

Et ben non. Pas d’utérus, pas d’opinion. Non mais vraiment, si vous avez encore cet argument en tête après avoir lu le paragraphe précédent, je sais plus quoi écrire, moi !

« Oui mais alors, on n’a qu’à améliorer les conditions des personnes enceintes, des parents, la prise en charge de tout ça ! »

Et bien FAITES LE ! Allez-y, et ce sera top ! Et dans un monde où tous ces problèmes n’existeront plus, on reparlera (ou pas) d’interdire l’avortement. A l’heure actuelle, ne pas être pour une légalisation complète (et avec prise en charge) de l’avortement, ça ne veut pas dire supprimer les avortements, en fait. Ca veut dire supprimer les avortements illégaux. La différence, c’est que quand des médecins ont le droit ou le devoir de refuser de pratiquer un avortement, ou sans prise en charge, les personnes enceintes qui ne veulent pas garder le fœtus avortent QUAND MÊME. Mais pas dans les mêmes conditions. C’était tout le but de la campagne « Ceci n’est pas un cintre » lancée par le Planning Familial l’année dernière.

 

Et puis finalement, qu’est-ce que ça peut bien vous faire, à vous, qu’une personne décide d’avorter ? Qu’est-ce que ça change pour vous ? Alors que soutenir le droit à l’avortement, comme on l’a vu, peut faire la différence pour des milliers de personnes chaque année.

Voilà, j’espère que ce nouveau pavé vous aura aidé.es à avoir quelques arguments en plus, et qui sait, peut-être même à changer d’avis.
Du soutien à tou.tes celleux qui avortent, et à tou.tes celleux qui n’avortent pas, et plein d’amour pour vous tou.tes.

D’autres sources pour aller plus loin :
le site officiel du gouvernement français sur l’IVG ;
– loi en France et en Nouvelle-Zélande, carte recensant les lois dans tous les pays ;
– sites du Planning Familial international, français, et page sur l’avortement ;
– bulletins statistiques sur l’IVG en France ;
site d’information sur l’épisiotomie ;
– des témoignages dans un projet-documentaire (FR – sous-titres automatiques au 26.10.2017 mais ouverts donc peut-être qu’ils seront faits un jour), en vrac sur un site, et un témoignage d’une personne féministe et ayant mal vécu son IVG.
– approches sur le thème en vidéo: sur le droit à l’IVG et la désinformation (FR – sous-titres automatiques), sur l’avortement dans le monde (FR – sous-titres automatiques);
– sur le veganisme et l’avortement: ici (EN – sous-titres en anglais et ouverts donc peut-être en français bientôt) et ici (EN – sous-titres automatiques).

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2 réflexions sur “Droit à l’avortement

  1. Govaji dit :

    Cet argumentaire est dans l’ensemble très clair et convaincant, et la façon dont vous repoussez la plupart des objections soulevées par les pro-vie (ou anti-choix, comme vous préférez les appeler) me semble juste. Cependant, le débat portant sur le soubassement de la question reste irrésolu. Vous mettez en avant la rationalité de votre démarche ainsi que celle qui caractérise (selon vous) notre arsenal législatif, or il me semble que votre raisonnement repose justement sur deux croyances très discutables. D’abord, l’idée que la loi doit se fonder non pas sur des croyances mais sur des faits objectifs exclusivement. Si tel est le cas, pourquoi ne pas ne pas tout simplement confier les rênes du pourvoir à des équipes de scientifiques et d’expert-e-s? Pourquoi perdre notre temps à voter, à élire des personnes qui elles-même voteront pour ou contre des loi? Pourquoi faire perdurer le système de partis d’opinions? Bref, à quoi bon le pluralisme politique puisqu’il ne s’agit que d’observer des faits et d’en tirer des conclusions normatives?
    La seconde croyance sur laquelle repose votre argumentaire est l’idée que la dignité (le droit à vivre) d’un être humain repose sur son statut d’être sensible et conscient. Si tel était le cas, il serait légitime de tuer à son insu et sans le faire souffrir un autre individu qui n’aurait ni famille ni ami puisqu’un tel meurtre ne ferait souffrir absolument personne, comme c’est le cas lors d’un avortement. Cela signifierait que la dignité humaine (ou animale, puisque vous êtes végétalienne) n’est qu’une affaire de souffrance ? Le pensez-vous vraiment? Pensez-vous que la seule chose qui rende le meurtre illégitime ou immoral soit le fait que cette personne et ses proches puissent souffrir ? Ainsi vous avez, vous aussi, des croyances et je crois qu’une fois élucidées les question d’ordre rationnel (ce que vous faites remarquablement bien), il reste toujours, au fond, sur la question de l’avortement, une irréductible confrontation de croyances. Cela n’a, à mon sens, rien de déplorable, c’est justement ce qui fait la richesse des civilisations humaines. A titre personnel, je crois simplement qu’il faut permettre ce débat, parce qu’il est légitime, parce que je doute très fortement que la science puisse un jour trancher la question.

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  2. CamEpicenes dit :

    Bonjour,

    Merci de votre retour, ça fait plaisir de lire des commentaires aussi construits !

    Pour ce qui est de votre première remarque, je ne considère pas qu’il existe de faits exclusivement objectifs. La recherche scientifique constitue une avancée dans le sens où elle tente de poser des cadres aux phénomènes qui nous entourent, mais elle n’est en rien objective. Le motif de la recherche, son obejectif, son sujet… Autant de décisions qui sont éminament politiques, et ne sauraient être qualifiées d’objectives. Et par conséquent, les résultats obtenus par la méthode scientifiques sont, eux aussi, politiques. Et pourtant, la méthode scientifique est la seule qui propose une approche qui se donne des critères bien définis pour juger de la validité des hypothèses émises. Bref, je disgresse un peu, je ne sais pas si c’est très clair, mais en aucun cas je ne considère que la science est à mettre sur un pieds d’estale, mais la méthode scientifique est la meilleure approche que nous possédons pour analyser un problème. Pourquoi mettre des scientifiques à la tête de l’état ne résoudrait rien ? Parce qu’iels sont touché·es par les mêmes biais et oppressions systémiques que le reste d’entre nous, et que leurs recherches sont intraséquement orientées par cela. Et de toute façon, je suis anarchiste, donc je ne pense pas que mettre des gens « à notre tête » soit une solution. Le pluralisme politique – quoique son existence, aujourd’hui, est critiquable – sert justement à tempérer ces préjugés qui influencent nos visions du monde sans fondement.

    En ce qui concerne le deuxième point, je trouve ce genre de débat inutile. Je me fiche de savoir ce qui est bon ou mal en théorie. La théorie, ça n’existe pas. On peut discuter mille ans de ce qui est ou non un meurtre – mais pour vous répondre, en effet je pense que tuer quelqu’un sans qu’iel souffre, alors qu’iel ne désirait pas vivre et qui n’a aucun·e proche, ce n’est pas un meurtre. Mais cette situation n’existe pas. Les animaux – humains ou non – ont des contacts, des relations. Iels ne désirent pas mourir. Iels souffrent quand on les tue. Ce n’est pas une question de croyance que de dire ça, ce sont des faits mesurables – et mesurés. Pourquoi continuer à faire souffrir quand on peut faire autrement ? Finalement, en y réfléchissant, c’est assez utilitariste de ma part : il s’agit de minimiser la souffrance, or on sait que les fœtus à cet âge sont incapables de ressentir la douleur, contrairement aux personnes enceintes (qui souffriront nécessairement de la grossesse et de l’accouchement, voir de la parentalité). Imposer une grossesse à une personne qui ne la désire pas est absurde, dans cette perspective. Mais j’en reviens à ce que je développais dans l’article…

    Merci encore pour votre commentaire et j’espère à bientôt,
    CamEpicenes

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