Errance psy

tw; dépression, suicide, auto-mutilation,

J’écris ça au beau milieu d’un énième crise.

J’ai eu à faire à trois psys jusqu’aujourd’hui. Le premier (avant que je ne parle à quiconque de ma transidentité), un psychiatre, après six mois de dépression, m’avait été conseillé par l’infirmière de mon école. Suite à quelques rendez-vous de plus en plus désagréables, où les questions se firent de plus en plus déplacées (d’abord quand j’ai parlé militantisme, puis bi/pansexualité). Les rendez-vous étaient très courts, composés de longs silences entrecoupés de questions qui m’apparaissaient complètement nulles. Au dernier rendez-vous, il a qualifié une histoire que je venais de lui raconter de « comportement paranoïaque » (cf l’article Parano ?). J’ai fuis.

L’infirmière m’a ensuite dit qu’une psychologue serait probablement plus adaptée. Cette dernière ne parlait pas pendant les rendez-vous, et semblait se satisfaire d’une séance où je ne disait rien de plus que « Bonjour » ou « Au revoir ». De plus, en bonne lacannienne, elle a très vite fait une fixette sur ma bisexualité et ma relation avec ma mère, ainsi que sur le moindre néologisme qui sortait de ma bouche. Après quelques rendez-vous où je ne disais littéralement rien, et où elle ne posait pas de questions, j’ai fuis.

Après quelques mois, où je n’avais pas le temps, l’énergie ou les moyens de chercher, j’ai eu le bon goût de me faire tabasser dans la rue, ce qui -on en conviendra- donne une raison plus qu’urgente à trouver un·e psy.

À elle, je lui parle pendant plusieurs heures, sur mon quotidien, mes angoisses, mais… à quoi bon ? Elle n’interagit pas. Ne donne pas de retour. Ne me cadre pas. J’ai juste l’impression de parler dans le vide, et que tout ça ne sert à rien car, mon trauma de l’agression passé, mes crises « dépressives » continuaient de survenir, mes envies suicidaires et comportement d’automutilation ne cessaient pas. Je n’avançais pas, je ne savais pas ce qu’elle pensait de ce que je lui racontais, je ne savais pas à quoi ça pouvait donner lieu.

Alors un jour j’ai craqué. Je n’avais rien à dire alors je n’ai rien dit. Je ne lui ai pas mentionné que je m’étais à nouveau coupée et brûlée le bras. Que je me voyais passer sous chaque tram que je croisais. Que je voulais traverser les rues les yeux fermés, la nuit. Je lui ai dit que ça ne servait à rien, que je ne comprenais pas. Elle m’a demandé à quoi je voudrais que les séances ressemblent et…

Et je ne sais pas, en fait. Que faire de la psychologie, quand elle me mène systématiquement à mentir par omission, à avoir plus que jamais envie d’en finir, quand je n’ai pas de réponse sur comment je fonctionne, parce que je parle à un mur ?

Est-ce qu’il y a de bon·nes psychologues, et que celles-ci étaient de mauvaises expériences ? Ou bien suis-je juste incapable de parler même à un·e psychologue, incapable de m’en sortir ? Est-ce que je trouverais plus de réponses avec la psychiatrie ? Qu’est-ce que je cherche ? Je suis dans une errance totale. Je ne sais pas ce que je veux devenir (en terme de passe-temps, de profession). Je ne sais pas ce que j’aime (comme loisir, comme goût, comme moments, ou comme personnes). Je fais semblant en extrapolant des gens autour et de ce qu’iels aiment. Est-ce qu’iels font pareil, et ont seulement le bon goût de taire leur crainte ou ne pas l’écouter ? Ou alors c’est leur cas, mais je ne suis pas dans la confidence. Je ne sais même pas si je suis capable d’apprécier quelque chose.

Je dis que je les aimes aux rares personnes dont c’est le cas, parce que j’imagine qu’iels font des trucs pour m’aider, et par leur investissement, leur présence, et leur attention, je ne peux que leur être reconnaissante.

Je n’ai pas de souvenirs de relations sociales. Je peux décrire précisément un lieu géographique de mon enfance, mais je suis incapable de qualifier les relations que j’aurais eu avec des gens (familles, voisin·es, camarades d’école…), et ce jusqu’à mes 19 ans probablement. Ensuite, j’en ai le souvenir, mais je ne comprend pas ces relations. Cela me mène à des crises d’angoisse quand je suis en public, des moments «  » »de paranoïa » » » (comme dirait mon ex-psychiatre), et des phases dépressives, où j’ai juste envie de mourir.

J’ai l’impression que jamais je ne trouverais de psychologue ou de psychiatre qui saura m’aider à comprendre, ce qui alimente les phases dépressives. Est-ce que je devrais accepter la première ordonnance du premier connard de médecin qui me bourre d’antidépresseurs pour pas que je me crève ? Est-ce que je devrais réessayer la psychiatrie, au risque de me faire attaquer sur ma transidentité ? Est-ce que je devrais juste me laisser aller comme ça ?

Rien ne va s’arranger pour moi. Je vais juste continuer à me tourner en boucle ces questions jusqu’à en désespérer, angoisser, et dépérir. En bonus, je suis contrainte à partir dans 2 mois pour 6mois à l’étranger, je ne sais pas où. Bonjour l’isolement, et au revoir le suivi psy potentiel. Quand bien même je reviendrais, j’ignore comment continuer ma vie après…

Bon allez, je retourne pleurer ces questions.

Edit: Au rendez-vous suivant, je lui ai fait part ce cela encore une fois; résumé de la conversation:
– J’ai l’impression que ça ne sert à rien que je vienne
– Bah ne venez pas alors, on arrête de se voir. Pourquoi vous venez ?
– Pour m’illusionner et donner l’impression que j’ai une direction dans laquelle aller, faire semblant de ne pas perdre pied.
– Et il se passe quoi si vous arrêtez de faire semblant ?
– Ben je me bute.
– Ok donc on va continuer à se voir
Elle est donc là pour vérifier toutes les 3 semaines que je suis pas dans un état trop critique…

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s