Coming out familial – Ça tourne mal

« Naaaaan, mais ça va, ça s’est pas trop mal passé »

What a fool.

Alors cet article c’est de l’épandage grande surface de ouinouin et de vie perso. Mais bon j’ai pas de psy atm, fallait que ça sorte et que je m’énerve un bon coup. Et à la fin y’a quelque conseils pour pas trop faire de la merde si un proche fait un coming out.

Context

J’ai fait mon coming out à mes parents et mes adelphes début août, par écrit dans une lettre un peu longue que j’ai laissé avant de partir, parce que je n’avais pas eu les tripes de le faire en face (note: je ne vis plus chez mes parents (ouf)). Les premiers messages, mes adelphes, sont gentils, compréhensifs, même si imparfaits (non, ce que je compte faire de mon entrejambe ne te regarde pas). Puis les messages des parents. Des formules maladroites, une incompréhension un peu visible, mais pas trop d’hostilité au premier abord.

Puis vinrent, après plusieurs rappels, les mégenrages volontaires (message d’anniversaire: « bon anniv mon chéri ????? ») les commentaires sans sens (« t’as pas besoin de changer de sexe si t’es pan »). Puis plus d’hostilité: tu dois en parler à ta psy (si vous m’aviez écouté, vous sauriez que j’ai lâché mes psys nul.les il y a plusieurs mois mais bon), t’es « sûr », mais davantage pas en facade. J’apprend par ma soeur qu’iels disent dans mon dos que « c’est qu’une phase », « qu’un autre trans m’a fait devenir comme ça », que « de toute façon j’ai toujours aimé les trucs de vrais bonhommes » (tmtc le bricolage). Enfin, iels me disent qu’iels ont écrit une lettre de réponse à mon CO (dans lequel je disais clairement que ça n’appelle pas à une réponse, mais bon), et qu’iels exigent que je revienne chez elleux immédiatement leur justifier tout ça (j’ai ni le temps, ni les moyens, ni l’envie).

Dans cette lettre, un bon charabia de « tu es confus, c’est normal pour un ado qui se découvre » (bjr j’ai 21 ans quand même), « on sait que dans le fond t’es un garçon, on en a jamais douté », tu pars en vrille de tous les côtés (« alimentairement, politiquement, et maintenant sexuellement »), « nous sommes abasourdis », « tes centres d’intérêt révèlent une apétance plus masculine que féminine » (have you considered « j’ai caché une partie de mes intérêts par cisexisme intégré » and « cramez vos idées réacs » ?).

Et quand j’ai dit que leur lettre était extrêmement violente, et profondément transphobe, iels ne m’ont pas adressé la parole plusieurs semaines. Excepté pour me reprocher d’être trop dépensière (enfin « dépensier ») -tu la sens venir l’indépendance financière subite ?- et de ne pas assurer le « service après-vente » (uiui) de mon CO.

Alors, que ce soit clair…

Dans mon CO, j’ai précisé que je ne demandais pas votre avis, que c’était informatif, c’est pas pour rien.

Dans mon CO, j’ai proposé d’envoyer plein de ressources explicatives, que vous ne m’avez jamais demandé. Si vous étiez dans l’incompréhension, vous me les auriez demandé. Vous niez simplement mon identité.

Je n’ai pas de « service après-vente » à vous devoir. Vous m’avez reproché de laisser ça à charge de ma soeur: donc vous reconnaissez que vous êtes une charge conséquente, et vous trouvez je n’en ai pas assez, de charge.

Il n’appartient qu’à moi de faire mon CO. Merci (non) à mes parents de l’avoir fait à tout le reste de la famille. J’attend la réaction des pires membres de ma « famille » avec impatience (non).

L’excuse du « c’est dur pour nous » ne tient pas. Ça l’est davantage pour nous, et, si j’ai pris la décision de vous faire mon CO, c’est que vivre dans le placard était encore plus difficile. Cet argument ne vaut pas et à quoi sert-il, si ce n’est faire culpabiliser la personne de tout foutre en l’air ?

Si vous ne comprenez pas (et refusez) mon identité, pourquoi m’infligerais-je de vous fréquenter ?

Trouver des adresses de praticien.nes « safes », gérer la transition sociale etc… est suffisamment difficile pour que vous ne nous rajoutiez pas votre toxicité.

Pour l’entourage

Rassurez-moi; quand on devient parent, on se reseigne sur les sujets nouveaux que l’on est suceptibles de rencontrer, non ? On attend pas que la réalité se plie à notre ignorance, hein ?

Parce que c’est ce que je ressens: les gens qui, autour de moi, refusent mon identité, qu’iels disent ne pas comprendre, trouvent ça choquant, est-ce que ces personnes ont déjà fait le travail de se renseigner sur un sujet ?

Je sais pas, si quelqu’un.e de proche m’annonce qu’iel se trouve pleinement épanoui.e dans le jardinage et qu’on ne peut lae comprendre qu’en connaissant un minimum les plantes, je me plongerais, au moins un peu, dans le sujet. Là plus d’un mois après mon CO et des tentatives d’explication de ma part, mes parents me sortent encore des immondices, comment c’est possible ?

Si vous êtes proches d’une personne qui fait un coming out, voilà quelques trucs que vous devriez faire (sur internet y’a déjà plein de trucs à ne pas faire). Renseignez-vous sur le sujet. La baaaase. C’est pas compliqué, y’a des centaines de ressources. Si vous n’en trouvez pas, demandez gentiment à la personne (ou une autre personne plus au courant que vous ça l’allègera un peu). N’hésitez pas à dire où vous en êtes dans vos connaissances du sujet, vos interrogations. Demandez ce que la personne veut que vous fassiez. Dans mon cas c’était ‘rien‘, et, jusqu’à preuve du contraire, ‘rien‘ != ‘m’outer à toutes les personnes possibles‘. Votre avis, sauf demandé, n’est pas nécessaire.

Et si dans l’entourage de la personne il y a quelqu’un.e de vraiment hostile/dans l’incompréhension, et que vous êtes en mesure de le faire (surtout si vous connaissez cette personne), accompagnez-là. Ne la laissez pas détruire sa relation avec la personne qui a fait son coming out et la personne avec. Construisez, avec la personne concernée, un recueil de ressources pour expliquer à la personne hostile. Proposez de l’accompagner à des groupes de parole des centres LGBTI+. Reprenez la personne avec pédagogie lorsqu’elle dit des bêtises. Faites la progresser, n’attendez pas que la personne queer le fasse, en lui reprochant de ne pas le faire. Je ne suis absolument pas en mesure de faire ce travail sur mes parents (santé, temps, force, distance…), mais j’aimerais que ce travail soit fait. C’est ça, le rôle des allié.es. C’est pas aller avec ses potes à la pride parce qu’on est « ouvert.e d’esprit ».

Whooooops j’ai encore dérapé.

Bisoux

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