Questionnement de genre & emmerdement de rue

Il fallait bien que ça arrive, le tout était de savoir quand; comment.

Pour la première fois, hier soir, je me suis faite emmerder dans la rue.

Je suis en questionnement sur mon genre depuis plusieurs années, et voilà quelques mois que je sors avec des habits plus « queers », que je me genre par « elle », et quelques mois que mes ami.es les plus proches sont au courant. Même si je ne suis pas arrivée au bout de ma réflexion, je me pense, au moins pour le moment, non-binaire.

J’ai déjà eu droit à des pics de dysphorie également, qui me font me questionner davantage encore mon rapport au genre. Si je ne suis pas la dernière (ni la première, oc) à connaitre les enjeux politiques d’oppression qui pèsent sur les corps genrés des femmes, j’ai eu là un autre point de vue, un autre axe.

Je sais bien que l’injonction des jambes lisses et vierges de tout poil est une absurdité, alors pourquoi je me les rases jusqu’au sang ?

Je sais bien tout l’appui de la domination patriarcale sur la poitrine et les soutien-gorges, alors pourquoi me sens-je mieux quand j’enfile une brassière ?

Je sais bien qu’un maquillage n’est pas genré, alors pourquoi un peu de peinture sur mes ongles parvient à me faire sentir plus moi ?

Je sais bien que le corps ne fait pas le genre, qu’il existe des femmes avec toutes les anatomies, alors pourquoi suis-je mal à l’aise avec le mien ?

La réponse à tout ça, c’est probablement une bonne dose de transphobie intériorisée, résiduelle, parce que personne n’est totalement déconstruit.e; mais une transphobie qui a le bon goût de ne blesser que moi (du moins je l’espère).

Bref. Depuis que je me questionne, m’affirmer, même avec des codes issus du patriarcat le plus flagrant, me permet de maintenir la tête hors de l’eau (synonyme de ‘ne pas avoir fait de crise dépressive majeure depuis un mois’). Et c’est donc avec une tenue qui m’est maintenant habituelle, mais qui peut paraître queer, que je sors acheter des places de ciné à deux pas de chez moi. Cette tenue, je ne vois pas l’intérêt de la décrire, pas plus que de décrire le groupe de personnes arrêtées au coin d’une rue.

J’ai eu le droit à une volée d’insultes à travers la musique de mon casque, accompagnée de regards menaçants.

Fun fact: la première insulte me genrait correctement, pour une des premières fois où je passe, c’est agréable (non), et j »pourrais sourire » (sic). Pour rééquilibrer, les suivantes étaient gratinées de transphobie et d’homophobie.

Bon, ben ça aura fait un mois avec la tête hors de l’eau, c’est déjà pas mal.

Et je me dis que je suis, encore à moitié en pleurs, d’écrire ce truc pour chouiner, alors que des milliers de meufs subissent ça tout le temps, depuis toutes petites.

Du coup jvais pas écrire plus, et envoyer plein d’amour et de soutien à toustes celleux à qui la destruction de l’hétérocispatriarcat ferait un bien fou

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s