Parano ?

J’avais promis que je ferais pas que des articles aussi chiants que mon premier, mais j’ai vraiment mis du temps à voir ce que je pourrais raconter d’intéressant et de nouveau.

CW: paranoïa, dépression

Prise de conscience

Et puis, pendant un de mes derniers rendez-vous psys, il y a quelques mois, alors que je racontais un truc qui me paraissait assez anodin, mon psy a eu un air surpris (?) et a lâché une phrase:

« Ah oui, un comportement semblable à la paranoïa »

Immédiatement, j’ai tiqué, mais je ne l’ai pas exprimé (je sais pas pourquoi). N’importe qui, malheureusement, peut employer des termes de psychiatrie importants, pour caractériser des comportements vraiment communs. Non tu n’es pas parano (il faudrait dire « présenter des troubles paranoïaque » déjà je pense), quand tu crois que tes collègues s’amusent à changer ton agrafeuse de place pour t’agacer. Mais de voir un professionnel de la santé l’utiliser, et encore plus à mon égard, là j’ai eu beaucoup de mal. Et autant la dépression, j’avais bien identifié le truc, autant là j’avais aucune idée (si ce n’est des stéréotypes communs) de ce que ça pouvait être, et en quoi mes comportements/réflexions pouvaient en être.

A partir de là j’ai un mot, paranoïa, un exemple de comportement que j’ai eu, et une peur immense. J’ai lu et entendu des témoignages et avis de gens sur les autodiags, sur les errances médicales, sur l’incertitude. Donc clairement, juste Qwanter le mot « paranoïa » sur l’internet était bien risqué, et sûrement pas la meilleure idée. Mais j’étais aussi incapable d’aller rechercher de l’aide médicale.

Personnellement perdu.e

Et donc l’incompréhension. L’autodiag c’est compliqué. Ne pas savoir c’est angoissant. Trop interpréter c’est nocif, et se trop restreindre aussi.

Et puis comme toute personne ayant déjà été sur internet, la première source qu’on a, c’est Wikipedia, donc je suis tombée sur ça:
https://fr.wikipedia.org/wiki/Parano%C3%AFa D’abord, j’ai été rassuré.e, parce que je m’identifiais pas trop au début, mais en continuant jusqu’à la section « personnalité sensitive », je freeze.

Le tempérament hypersensible, ou sensitif d’Ernst Kretschmer (1888-1964), est également caractérisé par une sensibilité accrue aux stimuli, tant sensoriels qu’émotionnels, qui amène à une plus grande introspection, un retrait. Plusieurs sont qualifiés de timides, mais pas tous. Chez ces personnes, l’excès de méfiance peut mener à la paranoïa, mais peut aussi favoriser un développement harmonieux. Les expériences de l’enfance ont une importance déterminante sur le développement du tempérament hypersensible.
La personnalité sensitive est un type de personnalité paranoïaque marqué par un sens élevé des valeurs morales, l’orgueil (une haute estime de soi-même, qui conduit à se considérer comme jamais suffisamment reconnu à sa juste valeur), une hyperesthésie relationnelle entraînant une grande vulnérabilité dans les contacts sociaux, et une tendance à l’autocritique, à l’intériorisation douloureuse des échecs et à la susceptibilité, mais avec une rétention des affects (le sujet garde tout pour lui). (…)
Replié.es sur elleux-mêmes, iels sont pourtant d’un abord facile et volontiers dévoués aux autres et philanthropes actifs. Iels ressentent la moindre sympathie comme absolue, et la moindre réserve comme une trahison. Toute amitié qui n’est pas inconditionnelle est vécue comme fourbe et déloyale. (…)

Dans certaines situations (syndrome dépressif, trouble anxieux, stress) on peut observer des traits qui pourraient faire évoquer une personnalité sensitive, mais qui sont liés à l’état psychologique, et sont donc contextuels, transitoires et réversibles. Dans ces cas, il ne s’agit pas de troubles de la personnalité.

Je. M’identifie. A. Quasiment. Toutes. Ces Phrases. Et plein de réactions et pensées que j’ai eu commencent à faire sens, dans une certaine mesure. Je pourrais aligner les exemples de situations que je rattache à « des crises à symptômes paranoïaques » (je préfère utiliser le mot « symptômes » pour m’en séparer, tant que je n’en sais pas plus), mais jsuis pas là pour raconter ma vie (enfinsiunpeumaisbonchut). La première fois que j’identifie à ça, c’était ma seconde année de prépa. Je suis passée du dernier quart de classe en première année dans un lycée peu réputé (ouiii la réputation d’établissement scolaire c’est de la merde, mais laissez moi raconter), à la tête de classe dans un établissement bien plus réputé (chut j’ai dit), et ce en fournissant beaucoup moins d’effort. J’ai donc passé mon année à m’imaginer que mes parents s’étaient entendu.es avec mes professeur.es et mes camarades pour me faire croire que j’étais pas bête comme un brique, et simuler ma réussite. De ça j’en ai parlé à personne de l’année, ça allait et venait, mais j’avais toujours un doute (et quelque part j’en ai toujours un). Ça s’est principalement arrêté aux résultats des concours, après une bonne crise de jsépaquoi pendant les oraux, seule à Paris.

Bref, c’est juste pour donner une idée de l’étendue temporelle et «  » »complotiste » » » (je déteste cette appellation ici) du truc. Couramment, c’est surtout d’avoir la certitude d’être nocif.ve envers tout le monde sans le vouloir, que les gens s’arrangent entre elleux pour ne pas me le faire voir, mais dès qu’un signe peut me faire penser à cette vérité, je peux partir très vite. C’est-à-dire extrapoler mes interactions sociales et les actions/paroles/réflexions des autres, qui concordent à dire que je suis préservé par cette concertation de prendre conscience d’à quel point je suis toxique.

Qui de l’œuf ou de la poule ?

Donc là je flippe, mais je me rattrape au dernier paragraphe de Wikipedia

Dans certaines situations (syndrome dépressif, trouble anxieux, stress) on peut observer des traits qui pourraient faire évoquer une personnalité sensitive, mais qui sont liés à l’état psychologique, et sont donc contextuels, transitoires et réversibles. Dans ces cas, il ne s’agit pas de troubles de la personnalité.

Au moins, c’est peut-être juste la dépression qui a de nouveaux effets. Mais bon, l’épisode de la prépa c’était avant les premiers signes de la dép. Ou alors c’est juste ma « phobie sociale » (là encore, pas duuuu tout sûre de la médicalité du terme), qui fait que je n’arrive pas du tout à comprendre les interactions avec les gens. Je n’arrive pas à intégrer le concept de « personnalité » des gens. Je ne sais pas s’iels sont sincères. Je ne sais pas si, quand je vois du second degré, du mal-être, du mensonge, c’est réel, ou si les gens l’ont volontairement laissé paraître, et qu’iels maîtrisent un processus davantage enfoui de « dissimulation », que je suis lae seul.e à ne pas maîtriser.

Donc clairement, ça n’aide pas à limiter les « constructions paranoïaques » de raisonnements que je fais en crise. Ça m’empêche même de savoir, en fait, où commence la construction, quelle est la fondation vérité. Si je néglige la fondation, je vais bousiller des gens et des liens sociaux. Si je rester avec des constructions, je vais juste augmenter graduellement la hauteur de ces constructions, et finir je-ne-sais-où.

Phobie sociale ? Dépression ? Symptômes paranoïaques ?
Œuf ? Poule ?


DINOSAURE ?

Enfin bref. Revenons au sujet. Les crises, je ne sais pas encore comment elles se déclenchent, mais au début, j’empile des raisonnements qui aboutissent à la réalité où je fais du mal autour de moi, qu’il y a un complot de tout le monde (y compris mon plus proche entourage, personne ne fait exception). Là je peux aller loin en raisonnements qui me paraissent logiques sur l’instant, et difficile de m’arrêter. Je me dis que c’est probablement faux, mais quand même, ça fonctionne super bien. Jusqu’à présent, j’ai jamais réussi à endiguer ce processus.

Après, en temps normal, je ne suis sûr.e de rien. Les gens me trouvent gentil.e ou pas ? Ma voix elle est super agaçante non ? Les gens qui témoignent de l’affection envers moi sont-iels sincères ? Y’a des gens avec qui j’ai vraiment une relation réelle ? et mille autres questions.
Quand bien même quelqu’un.e de  »confiance » viendrait me rassurer sur ça, iel ne deviendrait qu’une étape de plus du raisonnement qui témoigne de son mensonge. En fait quelqu’un.e qui cherche à me rassurer, ça m’angoisse quand même. Et c’est rare (genre une fois sur sept) que je passe une soirée avec plus de 2 personnes sans que je la finisse en crise.

En attendant… mieux ?

A part temporiser, faire avec, et voir combien de temps je tiens comme ça, j’ai du mal à le travailler, à avancer. Et puis j’ai bien du mal à retrouver de l’aide médicale, par manque de temps. En attendant j’écris cet article, aussi pour expliquer à mes proches, comment je fonctionne en ce moment. En tout cas, de manière générale; tout se passera mieux si dans la mesure du possible, vous dites les choses verbalement, ultra-explicitement, plutôt que de reposer sur des attentes, des conventions, des clichés et de l’implicite. Ne pas hésiter à surligner ultralourdement si vous vous adressez à moi ou pas, et qu’est-ce que vous voulez dire. Ça casse peut être la subtilité de la conversation, mais ça peut m’éviter une crise de plusieurs jours. Et là c’est tout ce que j’ai pour limiter les risques.

DU COUP VOILA

YOUHOU

Grave content.e, félicitation moi-même, tu deviens original.e pour faire bugger ton cerveau, super.

En plus je sais même pas comment finir cet article. Ah ouais, par rapport à l’article d’avant, ça fait moins sérieux.

C’était mieux avant.

Porte-toi bien, toi la personne qui pour une raison étrange est allée jusqu’à la fin de cet article ❤

PS: Si vous avez des ressources intéressante sur le diag de symptômes de paranoïa, j’en ai pas trouvé beaucoup, donc je suis preneur.euse :*

2 réflexions sur “Parano ?

  1. fedoap dit :

    Mh j’ai pensé au « syndrome de l’imposteur.rice(se?) » Aussi pour qualifier ce que tu décris de tes ressentis…
    Après ça reste un concept bien flou/un peu merdique sûrement mais…

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