Alcool ?

CW alcool, discussion de santé mentale

Je ne sais pas à quel point c’est du placebo autosuggéré, mais ça fait plusieurs semaines maintenant que j’ai l’impression que dès que je bois, ça va moins bien. Je parle de placebo parce que dans pas mal de conversations que j’ai pu avoir et de livres que j’ai lus autour de la cyclothymie, il semble que l’alcool soit un facteur aggravant assez important. Et puis quand j’y réfléchis, c’était déjà le cas à Auckland. J’en étais arrivée à un point où certains jours, je savais que je buvais pour atténuer la douleur. Oui, c’est pas sain. Je ne sais pas à quel point c’est du biais de confirmation, tout ça. J’avais pas prévu d’écrire cet article. Ca fait une semaine que ça va plutôt bien, je suis assez stable, quelques dépenses trop élèvées, quelques crises de larmes pour rien, mais rien de “trop”. Et ce soir, j’ai voulu aller prendre une bière avec des potes. Oui, oui, une. Bon, j’ai pris deux demis. Mais pour ma consommation habituelle, c’est très très raisonnable. Petit message dans l’horoscope du journal de mon école (doublement vide de sens, donc) “Vous serez un poison pour vos proches. Posez-vous les bonnes questions: n’est-ce pas égoiste de continuer à leur parler?”. Je sais pas qui l’a écrit mais merci pour le coup de pouce au moral (non). Merci pour la voix qui réveille la dépression. Mais au bar, ça va, je suis bien entourée, un peu d’autopersuasion et je passe au dessus. Voir mes potes fait du bien. Je suis repartie à 20h30 alors que mes potes restaient continuer à boire. Bref, j’étais assez fière de moi, “j’arrive à suivre mes propres règles waouh !”. Et en arrivant chez moi, en fait ma coloc avait déjà mangé. J’ai planté. Envie de tout balancer. Sentiment d’inutilité. Je mets en place mes stratégies de gestion de crise, Keny Arkana a fond dans les oreilles, cuisiner, finir de bosser en tapant vite sur le clavier (waaaa c’est méta). Et puis, c’est inévitable, la question revient “tu crois pas que tu devrais juste arrêter de boire? Au moins un temps, le temps d’arrêter de te sentir aussi mal dès que tu bois?”. Rien que d’écrire la question, je flippe. Pas parce que je ne vis pas sans alcool, quoique je ne sais pas quand il convient de se poser ce genre de questions. Y’a des stats sur le nombre de personnes alcooliques en sortie d’écoles d’ingés. Je les connais pas, et je doute qu’il y en ait régulièrement dans mon école. Jamais eu à répondre à ce genre de questions pour des stats en tout cas. Chez “nous”, ‘alcoolique’ est un surnom affectueux. Y’aurait des choses à en dire. Mais c’est pas mon sujet, là. Non. Mon problème… c’est… que… (ouais c’est bizarre les … mais je sais pas trop comment retranscrire autrement le temps que je mets à écrire chaque mot, bref j’arrête vous avez saisi l’idée). Que qui je suis parmi mes potes si je bois pas? Je suis trésorière d’une asso de zythologie (= science de la bière) qu’on a montée avec des potes. Tou·tes mes meilleur·es potes, je les ai rencontre·es dans ‘notre’ bar. Toutes nos soirées sont là-bas. Si je ne bois pas, déjà adieu mon peu (très peu, si peu) de vie sociale. Et c’est con (“c’est sexiste, Cam” ta gueule B. – B. c’est un ami et un allié et j’ai sa voix dans la tête dès que je dis des expressions sexistes par habitude, d’ailleurs si t’es là tu tournes (c’est le jeu, si vous connaissez pas c’est marrant bref)), mais [ça fait 5min que je refuse d’écrire la suite] et [20min de crise de nerfs plus tard] [on respiiiiiiiiiiire] [carreau de chocolat] si iels voulaient plus de moi sans l’alcool pour nous lier ? Le système est déjà en train de me faire perdre ma meilleure amie. Sans la bière, qu’est-ce que je partage avec mon meilleur ami? [se forcer à respirer, un aller-retour à la fois] J’ai peur de perdre les gens, et en même temps y’a des parts de moi qui savent disent que ça serait mieux pour elleux. Au delà des peurs qui peuvent sembler irrationnelles, quand chaque interaction sociale se fait autour d’un verre, comment on fait sans ? J’ai beau en savoir l’importance, dans mon propre groupe de potes, j’ai pas (encore*, soyons optimistes) réussi à faire de la place pour des temps sans alcool. Peut-être qu’il faudrait que je commence par là. Mais comment je fais, en attendant ? Ecrire ne m’aura pas apporté les réponses que j’espèrais… A suivre, donc…

Prenez soin de vous,

CamEpicenes.

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2 réflexions sur “Alcool ?

  1. La Nébuleuse dit :

    C’est un fléau dans le monde étudiant c’est vrai (je bois encore pas mal mais pas du tout dans le même esprit que pendant mes études). Tu es très lucide là dessus et ça pourra être salvateur, je te souhaite de tout cœur de trouver un équilibre pour la suite (tout en restant indulgente avec toi même car oui il y a une énorme pression sociale là dessus. Le développement des bières sans alcool offrira peut être des pistes, j’en ai goûté des très bonnes récemment et j’ai été extrêmement surprise)

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