Ode à la lingerie… Environ

CW sexe

Salut !

Je m’étais chauffée pour faire le nanowrimo cette année, et il me reste 7 minutes pour écrire et publier donc viiiiiiiiiite ahah. Je vais pas m’excuser de mon absence ces derniers mois (comment ça, je viens de le faire quand même? ;p) mais ça m’a manqué d’écrire !

Passons au sujet du jour – j’ai absolument pas fait de planning sur le mois donc si j’y arrive, ça va être un capharnaüm monstre ahah.

Y’a quelques mois maintenant (puréeeee ça passe vite), j’étais en passe de faire du sexe avec quelqu’un·e… Et là mon cerveau a planté. Je sais pas trop pourquoi, mais d’un coup il a réalisé ce qu’il se passait, et que, apparemment, mon corps en était physiquement capable. J’ai fondu en larmes. La personne avec qui j’étais a été super, et m’a réconfortée jusqu’à ce que j’arrive à expliquer ce qu’il se passait. C’est que, d’une manière ou d’une autre, après tout ce que j’ai vécu à l’hosto et en rééducation, j’avais enregistré sans m’en rendre compte que le sexe, c’était plus une option, que j’en serai plus physiquement capable. C’est assez absurde, maintenant que j’y pense, et y’a plein de façons de faire du sexe évidemment – et c’est pas comme si j’avais passé un an et demi sans me masturber, nan mais attendez – mais pour mon cerveau… Je sais pas, c’était juste plus une option? Et d’un coup, sorti de nulle part, j’étais replongée dans l’horreur de l’hopital, dans la peur et la difficulté de la rééduc… Et en même temps, quel intense soulagement ! Bien sur je ne veux pas dire que le sexe doit être la norme ou quoique ce soit, c’est juste comme ça que je l’ai vécu. C’était si bon de se sentir désirée et en mesure d’y répondre. Quand je suis rentrée en France un peu après, j’ai décidé d’aller acheter de la lingerie. Un peu pour embêter des gens par message pendant que j’y allais, un peu parce que ça faisait longtemps (ça coûte ultra cher, en Nouvelle-Zélande), un peu par tradition de « choses que je fais quand je passe à Paris ». Devant la glace, j’ai redécouvert le plaisir d’enfiler de la lingerie. De me sentir bien dedans. Beaucoup de monde me demande, en voyant que je ne mets pas de soutien-gorge, pourquoi c’est le cas. Et, bien que ma réponse soit vraie – à savoir que ça ne sert à rien, que c’est inconfortable, que ça coûte cher et que c’est un outil d’oppression patriarcale – elle n’est pas complète, car j’omets toujours de dire que, même si c’est bien pour toutes ces raisons que je continue à ne pas en porter, ce n’est pas pour elles que j’ai arrêté d’en mettre. J’ai arrêté parce que j’étais à l’hopital. Que je ne pouvais pas en mettre sous mon corset. Que quand j’ai pu enlever celui-ci, je n’avais pas assez d’amplitude de mouvement pour fermer les agrafes dans mon dos. Oui, la lingerie c’est de la sexualisation des meufs par des mecs cis hétéros blancs valides. Mais certains jours, on a besoin de se sentir bien, dans ce monde patriarcal. Et on y survit comme on peut. Je ne crois pas à tous les mouvements sex-positifs qui veulent nous faire croire qu’en jouant de notre sexualité on se libère du patriarcat. Mais se faire du bien, avec les outils qu’on trouve, c’est important. Et on n’a pas à s’en justifier.

Plein de love,

CamEpicenes.

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3 réflexions sur “Ode à la lingerie… Environ

  1. Fedoap dit :

    Et du coup t’achètes qd même des soutiens gorge en lingerie ? Pour la beauté de l’objet ?! Je pense que je serais capable de faire ça ..
    N’arrivant pas à ne pas en porter au travail, en cours. Je me prends déjà des réflexions qd mes tee shirts sont un poil transparent et qu’ils laissent apparaître mes soutifs que je me sens pas capable d’affronter les remarques si j’en portais pas..’ c’est comme mes poils ça… Ils me dérangent pas tant que je les garde pour moi…
    J’aimerais avoir la « force » d’arriver à mépriser le regard d’autrui et les remarques; qu’elles coulent sur moi comme blanche Colombe…
    Et alors niveau sexe… Mh comment dire je le refreine car déjà j’ai peur de ma propre libido et parce que j’ai suffisamment de sales expériences pour me méfier à présent et préféré garder le miens pour moi et être dans le flirt pour vivre un semblant de qqch d’un peu moins auto centré… Mais peut être un jour j’accepte le fait que je suis amoureuse de tou.tes mes potes (filles/mecs confondu.es) , que c’est ma façon d’aimer les autres; intensément. Parce que la demi mesure c’est pas moi ni, pour moi. J’espère y parvenir. Je pense que mon rapport au monde serait beaucoup moins douloureux si j’accepte moi même à être moi même.
    En attendant merci pour ton témoignage… Tu es une très TRÈS TRèèS belle personne ! ❤

    Aimé par 1 personne

  2. CamEpicenes dit :

    Salut 😉

    Merci de ton commentaire, ça fait super plaisir !

    Les soutien-gorges avec armatures, je peux vraiment plus en mettre, je sais pas si c’est que ça me rappelle trop le corset ou juste qu’en fait c’est vraiment hyper inconfortable quand on s’en déshabitue ! Mais des « brassières » en dentelle par exemple, ça arrive (très rarement) que j’en mette 🙂

    Je suis bien d’accord, le regard des autres n’est pas facile à affronter, encore y’a un mois, y’a un « pote » (plutot un mec de mon groupe de potes) qui m’a sorti en plein milieu d’une discussion qui n’avait rien à avoir « nan mais par contre c’est pas possible là, faut que t’ailles t’épiler » pcq j’étais en short… J’ai planté tellement j’ai plus l’habitude ! En Aotearoa, jamais mais genre JAMAIS personne ne s’est permis ce genre de commentaires (les seul·es qui le relevaient étaient des françai·ses) – pas que y’ait pas là-bas une culture du glabre pour les meufs comme en France, surtout dans les grandes villes, mais personne se permet de commenter ton corps… Bref.

    Pour le sexe… Je compatis ahah ❤

    Merci pour ton témoignage, et je t'envoie plein de soutien ❤ ❤

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  3. Fedoap dit :

    Je réfléchissais ; les poils, les soutifs : comme tu l’exprimes tu as dû t’en passer parce que ton état physique ne te permettait pas de faire autrement. Finalement oui c’est une force de ta part d’avoir su ensuite ne pas revenir « dans la norme » et d’avoir réfléchi à tout ce qui avait été des construits sociétaux dans tes actes et du coup tu as pu faire le tri de ce qui était important pour toi ou non. Mais les remarques faites vis à vis de ton corps: c’est détestable. En quoi ça lui/leur pose problème ?!
    Et je pense plus on aura de modèle de personnes respectant leur pilosité par exemple dans l’espace public plus ce sera « simple » de le faire. Mais une fois de plus pour les gens pour qui ce n’est pas un choix/fruit d’une réflexion ; il ne devrait pas y avoir ces épisodes de « violence » dans l’espace public ! (Je ne sais pas si ce que je d’expliquer est clair…)

    En fait je fais le parallèle à la santé psy. Je m’epile de moins en moins : pas par « volonté » mais parce que je dois déjà économiser mon énergie pour plein d’autres trucs. Et en état : mon corps ne me satisfait pas. Du coup je ne vais pas nager. Pas par souci de voir mon propre corps mais par souci de le voir dans le regard des autres .. alors que nager m’est prescrit par tou.tes les praticien.nes auxquel.les j’ai eu affaire. Puis même je suis poisson : l’eau a tjs été mon élément… Du coup je me contente de bains… Mais c’est naturellement bien différent en terme de ressenti physique et d’impact environnemental…
    Et bref pour en revenir à la santé psy : les remarques du genre « t’as de la chance de faire un travail sur toi si jeune » et que ça me met tjs en pelote : en fait je pense savoir d’où ça vient ; je ne fais pas ça en mode « trop bien, je vais apprendre à me connaître, à vivre avec moi même, etc. » ; Je le fais parce que c’est ça ou déposer les armes. Parce que j’ai atteint le point de rupture : celui où tu comptes les jours jusqu’à la fin parce que vivre avec tout ce que ça implique est bien trop difficile… Et finalement c’est ça la « souffrance » dont parlent les spécialistes rencontré.es . Parce que naturellement, l’Homme n’a pas vocation à attendre sa mort… Bien au contraire…
    La peur de mourir… Aussi loin que je me souvienne c’est bien la seule peur dont je n’ai jamais été dotée… Après j’ai un instinct inconscient de survie : y a pas de doute… Je pense que c’est le même qui me fait faire l’opposum face aux dangers ou qd la douleur/souffrance/détresse reviennent de façon épisodique dans des intensités trop élevées…
    Bref je crois que mes gènes tentent de s’auto sélectionnés naturellement en mode : « tu ne te reproduiras pas « : alors oui ne pas procreer et un choix de ma part… Mais à vrai dire je le vois plus comme une nécessité. Et toute à la fois j’éprouve un amour inconsidéré pour la Vie…

    Bref, « je brûle d’endurante froidure »
    Et pour rien au monde j’abandonnerai cette capacité à m’émouvoir et à ressentir les choses intensément contre un état neutre.
    Parce rien que pour le sexe : ça doit rendre les choses bien plus fadassou =D
    Btw si envie, je te pose un défi : une sorte d’exercice d’écriture 🙂
    Si ça t’intéresse de le relever, tu sais où me trouver pour en apprendre plus 😉

    Merci. D’exister. Et d’être suffisamment généreuse pour partager ton existence … ❤

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