Y’a des jours

Y’a des jours, j’ai pas le courage de me lever, de dire bonjour, d’être sociable, d’ouvrir internet pour y lire l’actualité toujours plus déprimante, de mettre un message de soutien, de faire mon taf d’alliée, de faire mon taf de militante. Y’a des jours, tout ce que j’arrive à faire, c’est regarder des séries que je connais pas coeur, et être triste de les aimer encore alors que je perçois maintenant tout ce qui ne va pas dedans, en mangeant du chocolat noir, dans le noir dans mon lit. Y’a des jours où j’ai besoin d’être coupée du monde pendant plusieurs heures, voir la journée entière. Y’a des jours où littéralement tout me fait pleurer, même faire la vaisselle. Y’a des jours où je crois que ça va, et puis je lis une info et je me rends compte aux larmes sur mes joues qu’en fait, pas du tout. Y’a des jours, j’aimerais pouvoir parler de ma dépression à ma famille.

On n’a pas tou·tes les mêmes capacités, que ce soit physiquement ou mentalement. Je parlais il y a quelques temps des différentes formes de militantisme, et je reste assez d’accord avec ce que j’ai dit, mais je voulais souligner un point : peu importe comment vous militez, votre santé doit passer en premier. C’est toujours plus facile à dire qu’à faire, surtout si, comme moi, vous avez du mal à connaître vos propres limites – et j’en ai encore fait les frais la semaine dernière. Mais c’est très important.

Comment faire pour ne pas se laisser (trop) déborder? Aucune idée, j’y arrive pas non plus. Dans son dernier roman, Turtles All The Way Down (pas encore traduit en français il me semble), John Green parle de pensées intrusives, et ça m’arrive régulièrement quand je suis au bord du craquage. Là, par exemple, il est 2h du matin, j’ai rallumé mon ordi pour écrire parce que j’arrivais pas à dormir. Parce que mon cerveau est en surcharge de stress de ma réunion de demain matin et de savoir si je vais arriver à faire ce que je veux l’année prochaine. Bon bah pour les mettre de côté et me sortir de situations paralysantes, je lis, j’écris, je vais nager, je vais me promener, je joue de la clarinette, je chante à tue-tête dans mon salon… Mais surtout, je coupe internet. Les actualités en temps réel et les temoignages non-stop, ça a un côté démoralisant à ne pas négliger.

C’était un peu décousu, désolée  – mais je l’ai dit, il est 2h du mat’…
(d’ailleurs je me suis rendue compte que c’était beaucoup plus rare que des mecs s’excusent de ne pas être parfaits que des meufs, injonction à la perfection et syndrome de l’imposteurice, tout ça… tiens ça pourrait être un bon sujet d’article ça)

Prenez soin de vous, même si ça veut dire laisser passer des choses qui vous révoltent, ne pas être un·e allié·e parfait·e, ne pas produire autant de contenu que vous voudriez.

Plein d’amour,
CamEpicenes

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s