Call The Midwife, ma série de l’année

J’ai découvert énormément de choses, en un an. Nan sérieux, c’est incroyable de regarder un an en arrière et de me rendre compte de tout le chemin parcouru, de tout ce que j’ai appris, de comment j’ai évolué et surtout à quel point je suis bien plus en phase avec moi-même. J’ai aussi découvert énormément de séries géniales. J’ai déjà parlé de certaines d’entre elles dans mes coups de cœur, mais aujourd’hui je voudrai vous parler de Call The Midwife, que je viens juste de terminer, et pourquoi cette série est géniale et importante pour moi. Je vais essayer de ne pas trop faire de spoilers mais y’en aura forcément un peu 🙂

Call The Midwife est une série de la BBC One, diffusée depuis 2012 et encore en cours, qui a actuellement six saisons d’épisodes d’une heure (et une heure et demie pour les épisodes spéciaux de Noël). C’est basé sur les mémoires de Jennifer Worth, une sage-femme anglaise, qui a exercé dans l’East End, un quartier populaire de Londres. La série débute en 1957. Elle se déroule à Nonnatus House, un couvent de sage-femmes et d’infirmières au cœur d’un quartier pauvre de Londres. L’intrigue, qui se base sur la relation entre les sage-femmes (certaines bonnes sœurs mais pas toutes) et leurs patient·es, va se développer au fur et à mesure des épisodes et s’ouvrir à des thèmes très variés: racisme, homophobie, putophobie, contraception, avortement, adoption, religion, spiritualité, alcoolisme, vaccination, le scandale du Thalidomide, législation de tout cela, pauvreté, maladies et validisme, hôpitaux psychiatriques, excision, violences conjugales, agressions sexuelles, protection de l’enfance, syndrome post-traumatique, retombées des guerres, sur-médicalisation et hospitalisation des personnes enceintes… Je m’arrête là mais je ne suis pas sûre d’avoir pensé à tout ! Comme vous le voyez, c’est une très longue liste. Je regrette que la série soit très centrée sur des femmes cis blanches, mais ça s’explique par le fait que c’est pensé comme une série historique, dans la lignée de Downtown Abbey mais sans la nostalgie malsaine de la noblesse anglaise – sur le sujet, je conseille de voir cette vidéo de Buffy Mars 🙂

Ce que j’adore dans cette série, c’est qu’elle traîne de thèmes très variés mais ne fait pas de compromis, le consentement des patientes est mis au centre de la série : comment et où accouchent les patientes ? Dans quelle position ? Avec quelle aide médicale ? Les patientes sont au cœur des décisions, et les personnages évoluent vraiment avec la série et les changements des mœurs. J’apprécie tout particulièrement de voir une série traiter d’accouchement sans présenter ça comme quelque chose de forcément joyeux et attendu, surtout sur le moment, de montrer la douleur des femmes, d’expliquer que même après l’accouchement du bébé, il reste à accoucher du placenta, le tout en recoupant les questions de classes, de validisme, de racisme. Je vais revenir sur quelques sujets dont j’ai adoré le traitement :

1. L’homophobie

Dans le contexte de la série, l’homophobie est encore illégale en Angleterre. On a un épisode qui en présente bien les enjeux quand un homme marié (à une femme, donc, au vu du contexte) est piégé par la police et attrapé en plein rapport homosexuel. Cela donne lieu à un procès – oui, parce que l’homosexualité était illégale. Et pire, à une exclusion du couple de la communauté. Ce qui est très intéressant, c’est que les personnages principaux ont chacun·e leur opinion sur le sujet, certain·es d’autant plus qu’iels sont religieuses·x, avec l’une d’entre elleux qui est lesbienne mais personne ne le sait, et vont en discuter. Et la conclusion de l’épisode c’est que les personnages principaux vont soutenir le couple et faire en sorte qu’iels soient ré-intégré·es à la communauté. Et c’est assez représentatif de la série dans l’ensemble, avec des prises de position assez difficiles de certains personnages (ça sera un peu la même idée plus tard dans la série sur l’accès à la contraception), mais finalement iels comprennent que c’est ce qu’il n’y aurait rien à gagner pour les personnes concernées de les blâmer.

2. Le scandale du Thalidomide

J’étais très contente que la série aborde ce sujet, puisque c’est quelque chose dont on a parlé dans un de mes cours ! Le Thalidomide est un médicament qui a été utilisé entre 1957 et 1961 comme sédatif et anti-nauséeux, notamment chez les femmes enceintes, avant que le scandale éclate à partir de 1961 : le médicament provoque en effet des malformations congénitales graves chez les nouveaux-nés. On estime (d’après la page Wikipédia du médicament) le nombre de victimes de ce médicament à 10 à 20 mille personnes. C’est un sujet dont on a parlé dans un de mes cours, qui portaient sur la législation des appareils médicaux, parce que ce scandale a donné naissance au centre mondial de pharmacovigilance. La série aborde le sujet avec sérieux et justesse, je vais pas spoiler mais c’est très bien fait et ça permet de parler du fait que les victimes cherchent encore aujourd’hui à obtenir des réponses sur cette affaire, puisque le laboratoire responsable a été protégé par les autorités allemandes… Bref, ça ouvre le débat et c’est chouette !

3. Le droit des femmes à avoir leur mot à dire

C’est un thème très important dans la série, comme je l’ai dit : ce sont les femmes enceintes qui décident de où et comment elles veulent accoucher, avec quelle aide médicale, etc. La série regorge de scènes et répliques, comme ça en passant, qui nous expliquent bien que c’est comme ça que ça devrait être et pas autrement. Un des épisodes de la dernière saison est complètement représentatif de cette idée, quand on a une inspection de la maternité par un médecin haut placé, et où le médecin de la communauté, Dr Turner – qui sait rester à sa place dans la série et ça fait du bien – explique bien pourquoi forcer les femmes à choisir entre l’hôpital et un accouchement à domicile est une très mauvaise idée pour les femmes. En effet, l’accouchement à domicile n’était pas possible pour toutes parce que leur grossesse pouvait être à risque, certes, mais surtout parce que les appartements n’étaient pas forcément adaptés : c’est un quartier populaire, donc beaucoup de logements sont trop petits, en mauvais état, avec des équipements non-adaptés ou des problèmes de paiement (certaines n’étaient pas sûres d’avoir l’eau et l’électricité pendant l’accouchement). Mais contraindre les patientes à aller à l’hôpital, c’est leur enlever la possibilité de voir leurs familles, et pour certaines mettre leurs enfants en danger… Bref c’est une solution donnée par des hommes cis blancs riches à des problèmes qui ne les concernent pas. La série présente, en fond de trame, une critique très forte de la professionnalisation du métier de sage-femme, et finalement même du capitalisme, puisque la volonté de faire pareil en moins de temps est aussi critiquée sévèrement dans la dernière saison.

Pour celleux d’entre vous qui ne seraient pas au courant, j’envisage une ré-orientation l’année prochaine. Je ne me vois pas travailler en ingénierie, parce que j’ai du mal à envisager un poste et un métier qui m’y conviendrait. C’est un peu un autre sujet, mais bref, j’envisage de postuler à la procédure passerelle pour les études de médecine ou de sage-femme. Je n’ai pas encore arrêté ma décision, mais cette série m’a vraiment donné envie de plus m’intéresser au métier de sage-femme !

Voilà, je pourrais encore parler des heures de cette série mais ce billet est déjà bien trop long, j’espère que je vous aurais donné envie de voir la série !

A la prochaine 😉

Publicités

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s