Voyager est bon pour nous

Cet article est la traduction d’un article que j’ai écrit en anglais ici. English version available here.

Il y a quelques jours, j’ai écrit ici à propos des voyages, et j’ai parlé entre autres du fait que voyager peut être d’une grande aide en ce qui concerne le fait d’être soi-même. J’aimerai approfondir un peu ça. Comme souvent quand je parle de choses très personnelles, je trouve ça plus facile de le faire en anglais. Je ferai la traduction [hehe coucou] plus tard, évidemment, mais écrire en anglais estplus simple, allez savoir pourquoi. Les voyages, donc. Nos familles et nos ami.es de longue date sont souvent décrit.es comme étant les plus à même de nous comprendre, puisqu’iels nous connaissent depuis si longtemps. Mais parfois (et même assez souvent, en fait), iels peuvent devenir un fardeau plus qu’une aide. Et s’éloigner d’elleux permet de se débarasser de tous ces petits mots qu’iels disent et nous empêchent d’être nous.

En grandissant, j’ai jamais vraiment compris pourquoi mes potes mecs ne savaient pas dire si un autre mec était attirant ou pas. J’ai toujours pensé que c’était parce qu’ils avaient appris que dire qu’un autre mec était bien foutu les ferait paraître gays, et qu’ils avaient peur de ça. C’est sans doute pas complètement faux, mais je me suis rendue compte que la plupart du temps, les meufs non plus ne savaient pas dire si une autre meuf était bien foutue. Moi si. J’ai toujours été bie, et quand on me posait la question, je disais que le genre n’avait pas d’importance pour moi. Mais je n’ai jamais dit ça à ma famille. Bon, iels ont jamais demandé. Et pendant pas mal de temps, j’ai cru que j’étais hétéro et que je voulais pas l’admettre parce que je voulais faire partie de la communauté LGBT. C’était de la merde. Quand j’ai emmenagé ici il y a deux mois, y’avait pas de remise en question de qui j’étais. Personne n’était au courant que je ne suis encore jamais sortie avec une autre femme. Personne pour dire « mais t’es sortie avec tellement de mecs, t’es sûre que t’es pas juste curieuse ? ». Je suis bie, et c’est ce que j’ai dit aux gen.tes, et ça s’est arrêté là. Et puis, Auckland (et plus généralement la Nouvelle-Zélande, de ce qu’on m’en dit) est une super ville sur ce genre de sujet. J’ai l’impression d’être bien plus moi-même qu’avant. Et pouvoir en parler aux gen.tes m’a fait me demander pourquoi je ne l’ai jamais fait avant.

Quand il y a eu le Mariage pou Tous, ma grand-mère m’a dit qu’elle se fichait que les gen.tes soient gays, à condition qu’iels ne le montrent pas à la télé. J’ai répondu « mais tu vois des hétéros s’embrasser à la télé tout le temps ! » et elle a dit qu’elle n’aimait pas ça non plus. Mais je ne l’ai jamais entendue se plaindre quand deux hétéro s’embrassaient pendant un film. Ca arrive souvent, au détour d’une conversation, que quelqu’un.e dise qu’iel est content.e que les homosexuel.les puissent se marier, mais qu’iels ne devraient pas avoir le droit d’avoir des enfants. J’ai toujours pensé qu’en gueulant que j’étais pas d’accord et en expliquant pourquoi, je faisais mon taf d’alliée, pour que mes potes homosexuel.les aient les mêmes droits que moi. Et bah non.

Maintenant que je sais un peu plus qui je suis et que j’ai moins peur de le dire, je suis content.e, mais j’ai peur, aussi. J’ai peur parce que j’ai peur de ce qui arriverait si je sortais avec une meuf. J’ai peur du rejet de mes potes. Peur que des gen.tes pensent que je n’ai jamais aimé les mecs avec qui je suis sortie. J’ai peur que ma famille ne m’accepte pas. Je veux des enfants, peu importe le genre de la personne avec qui je suis quand ça arrivera. Et je veux pas que qui que ce soit me juge, ou juge mes partenaires, ou juge mes enfants.

J’ai pas mal parlé de bisexualité jusqu’ici. Mais c’est pas tout. Je suis vegan depuis mon arrivée à Auckland, et végétarienne depuis février 2017. Ici, c’est comme ça que les personnes me connaissent. Personne va me dire « mais tu mangeais ça y’a quelques semaines/mois, tu peux faire un effort, et puis c’est moi qui ait cuisiné ! » ou « c’est notre restau préféré, tu vas vraiment demander à tout le monde de changer leurs habitudes ? ». Alors oui, de temps en temps j’entends une remarque pas cool sur comment les vegans ne peuvent rien manger etc, mais ce ne sont pas des attaques personnelles comme j’y suis habituée de la part de ma famille et de mes ami.es en France. Et Auckland est une super ville sur ce sujet aussi, y’a plein d’options vegan voir carrément de restaus vegans partout. Par exemple, mardi dernier, on mangeait dehors avec les membres de mon groupe de projeeeeeeeeet [j’étais obligée ahah], et l’un d’entre elleux, omni, a suggéré qu’on aille dans un restau vegan pour que je sois plus à l’aise. Ca n’est jamais arrivé en France de tout le temps où j’étais végétarienne (même si c’était pas si long que ça). Je sais qu’en retournant vivre en France, je vais devoir me battre contre ma famille sur ce sujet à chaque repas, et avec mes ami.es à chaque fois qu’on veut sortir manger.

Je parlais avec ma meilleure amie et elle me disait qu’après un an au Canada, elle ne veut plus vivre en France. Je commence à comprendre pourquoi. A l’intention de mes ami.es et de ma famille en France, si vous voulez me revoir, soyez gentil.les et essayez de me faire me sentir mieux entourée. Et à vous tou.tes, partez voyager. Vous en saurez plus sur vous même.

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