A travers l’Europe – 3 : Réflexions sur les voyages

Cet article clôture une série : pour lire les deux premiers volets, c’est par ici !

En octobre-novembre de l’année dernière, je suis partie 35 jours faire un tour d’Europe en train avec un billet Interrail. C’était absolument génial, c’était la première fois que je faisais un voyage aussi long et toute seule et j’ai adoré. J’avais économisé pendant mes 6 mois de stage qui ont précédé (parce que ma maman pouvait continuer de me donner la même somme tous les mois que quand j’étudiais, je suis bien consciente que ce n’est pas accessible à tou.tes), et j’ai planifié ce voyage pendant ces 6 mois par petits bouts. J’ai absolument adoré ce voyage, et je l’ai fait savoir : mes ami.es sont de plus en plus nombreuxes à me demander des infos sur comment s’organiser parce que je les ai motivé.es à partir en Interrail. Et comme je viens de commencer un Master à l’Université d’Auckland, je n’ai pas autant de temps que je voudrais pour leur répondre, d’où cet article. J’espère aussi que ça pourra vous donner des idées et des conseils si vous voulez partir dans une des villes que j’ai visitées ou faire un Interrail ! Pour que ce soit plus simple, je fais un article en trois morceaux, cf le plan ci-dessous ! A celleux d’entre vous qui me lisent pour les contenus militants, je vous conseille particulièrement le troisième volet de la série 😉

Bonne lecture 😉

PS : La traduction en anglais va me prendre un peu de temps, et comme je l’ai dit je suis pas mal occupée en ce moment, mais elle arrive, promis !

3. Réflexions sur les voyages

J’ai adoré cet Interrail. Ca m’a fait énormément de bien de partir, d’autant plus que, même si ça datait de plusieurs mois, c’était mes premières vacances depuis que j’étais sortie d’une dépression (je reste dépressive, mais ce moment-là c’était autre chose) ! J’ai appris beaucoup, notamment sur l’histoire de l’Europe. Mais ça aussi été l’occasion de pas mal de remises en question, qui continuent encore maintenant, et c’est de ça dont je veux vous parler.

 

La première chose, c’est que voyager, en plus d’être cher, a une empreinte écologique élevée. C’est arrivé plusieurs fois, quand j’étais encore en France, qu’au cours de décisions sur le militantisme, on me sorte « ouais okay tu fais des trucs, mais tu vas aller en avion en Nouvelle-Zélande, donc bon… ». Sur ce point et pourquoi c’est nase comme argument, cf mon précédent article sur le sujet. Contrairement à ce qu’avaient l’air de croire ces personnes, je suis au courant que l’avion consomme énormément, et venir ici, comme le fait que je vais aller en vacances en Japon en février, sont des décisions que j’ai prises en connaissant les impacts de ces voyages. D’ailleurs, j’ai toujours pas pris mes billets pour le Japon parce que je culpabilise de prendre l’avion. Cessez de croire qu’on n’est pas au courant de nos contradictions, merci. Mais alors, comment j’ai pu faire ces choix, où est la logique ? Je voyage entre autres parce que je pense que j’apprends beaucoup en étant plongée d’en d’autres cultures que la mienne. Et je fais passer ça avant mon empreinte écologique, qui serait bien allégée si je ne prenais pas l’avion. Ce qui serait cool, c’est d’avoir un outil qui calcule l’empreinte écologique comparative entre prendre l’avion et changer de régime alimentaire*, ça me déculpabiliserai un peu ! Mais bref, c’est une raison qui me pousse à limiter mes voyages.

 

Ensuite, je suis depuis quelques semaines sur un groupe Facebook (bouuuuuuh :p) de meufs qui voyagent et partagent leurs expériences. C’est assez cool ce groupe, beaucoup d’esprit de « sororité », donc de soutien en cas de questions, de situations difficiles, tout ça ! Mais j’y ai vu passer plusieurs posts qui cherchaient à voyager par tous les moyens sur de petits budgets. Et là, corde sensible : une des choses auxquelles j’ai commencé à réfléchir pendant mon Interrail, c’est la nécessité de ne pas voyager avec une attitude néocoloniale, qui voudrait qu’on aille quelque part pour se moquer des autres cultures, rigoler de « ahah c’est tellement différent de chez nous » et finalement chercher à imposer sa culture comme « la bonne ». Il y a pas mal d’exemples de ça malheureusement, que ce soit « innocent » en rigolant de différences qu’on ne comprend pas (par exemple le fait que les Japonaises sortent en été avec des visières pour se protéger du soleil) ou bien pire avec des pratiques comme le beg-packing. Oui, c’est ce truc génial (non) où tu vas faire la manche dans des pays d’Asie du Sud (ou ailleurs, mais ce sont les exemples les plus courants) pour financer ton voyage, avec des panneaux sympas (non, toujours pas) comme « Aider moi à payer mes vacances » (j’exagère mais vous saisissez l’idée). Voyager, oui, mais en sachant rester conscient.e de ses privilèges.

 

Dernière chose, qui est plutôt positive mais que je ne vais pas détailler (parce que c’est prévu pour un prochain article, et oui, Rose, je fais du teasing 😉 ) : voyager, c’est parfois et pour pas mal d’entre nous, une façon de se découvrir, d’avoir l’occasion d’être avec soi-même et donc de pouvoir plus assumer ses choix que quand on est dans nos villes ou pays « d’origine ».

 

Voilà, ce sont là mes réflexions à l’heure actuelle sur les voyages, d’autres viendront surement, et je ferai des articles pour en parler promis !

 

*Bon j’ai eu envie de trouver la réponse à cette question, j’ai donc fait quelques recherches sur le sujet hehe. Si ça vous intéresse, j’en ai fait un article à part !

4 réflexions sur “A travers l’Europe – 3 : Réflexions sur les voyages

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